Rencontre interreligieuse au temple

Le dimanche 26 mars après-midi, l’Église protestante unie de Grenoble a organisé, dans le cadre du Conseil interreligieux de Grenoble, une rencontre  pour présenter le rapport à leurs Ecritures des religions monothéistes. Ce sujet bien particulier était suggéré par le contexte de l’anniversaire des 500 ans de la Réforme de Luther, dont on connaît le fameux Sola scriptura. Si le pasteur Geiser a déroulé sans surprise ce Sola scriptura , il n’a pas hésité à pointer le risque de « bibliolâtrie » qui guette les protestants. Le jeune imam Yacine Farhi a bien expliqué la différence entre le Coran, révélé et intangible, et les enseignements de la Sunna, qui s’adaptent aux circonstances, aux époques, aux situations des fidèles. Il a ainsi relativisé le concept de la charia. Le rabbin Nissim Sultan, pour sa part, a lui aussi fait la différence entre Bible et Talmud, insistant sur l’étude des textes, avec des paraboles pleines d’humour. Parlant des 613 commandements de la Bible, il a expliqué que l’éthique individuelle n’est pas l’observance stricte de ces commandements (qui ne sont d’ailleurs pas adressés à tous) mais qu’elle se nourrit de l’expérience, de la raison, et de l’étude des textes. Enfin, le père Patrick Faure est parti de la relation de l’homme à Dieu, qui se manifeste par des écrits humains, mais aussi par Jésus-Christ, Parole vivante, qui a vécu avec ses apôtres, les a enseignés et leur a demandé de transmettre cet enseignement. Ainsi la Tradition est complémentaire des écrits bibliques, comme la chair fait tenir le squelette. Au passage il a rappelé que c’est la Tradition (l’Église) qui a déterminé, par le Canon, quels textes devaient être retenus pour constituer la Bible à laquelle nous nous référons encore aujourd’hui.

Les questions ont été nombreuses, sur les autres écritures catholiques (bulles et encycliques), sur l’étude communautaire et individuelle des textes dans les trois religions, sur l’observance des commandements, sur l’obligation de réciter des prières en arabe pour les musulmans (comparée à l’usage du latin dans l’Église catholique avant Vatican 2). Elles se sont prolongées avec le verre de l’amitié autour de nos intervenants qui sont restés tard pour y répondre !

Philippe Sautter

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