Exilés: discours de François-Pierre Bouchaud, président du Diaconat

Merci a vous tous et à toutes d’avoir répondu si nombreux à l’appel de l’Eglise protestante et du Diaconat protestant.
Vous êtes venus pour rappeler en effet qu’en France, la FRATERNITÉ ne doit pas juste rester un mot sur le fronton de nos bâtiments publics, mais qu’il est de notre devoir de citoyens, de chrétiens, d’hommes et femmes conscients de nos responsabilités de se lever, d’interpeller et d’agir pour que la France réponde dignement à l’appel de ceux qui ont du fuir la guerre, la pauvreté, la répression dans leur pays.
Je voudrais dire juste quelques mots pour
– présenter le Diaconat protestant pour ceux qui ne nous connaissent pas,
– évoquer des exemples de nos actions vers les exilés,
– et aussi parler de ces nombreuses initiatives qui ont déjà pris corps a Grenoble pour les migrants, les exilés.
Le diaconat protestant, c’est le service d’entraide de l’église protestante unie. C’est une association de bénévoles, protestants mais aussi chrétiens, ou non croyants, qui agissent pour l’accompagnement, le soutien vers des familles, des personnes seules, des jeunes, des étrangers … vers les plus démunis, dont la situation est toujours précaire ; « les plus petits d’entre nous » comme le dit notre évangile, et ceci quelque soit leur origine, leur religion.
Nous sommes présents soit en propre, soit avec des partenaires associatifs grenoblois pour de l’aide alimentaire ou financière, pour l’accueil, l’écoute, le soutien à la recherche d’emploi, pour l’hébergement et comme aujourd’hui dans l’interpellation, la parole vers les responsables politiques …
Dans les bénéficiaires de ces actions, il y a bien sur les étrangers migrants ou qui sont sur notre sol depuis de nombreuses années. Des demandeurs d’asile, des réfugiés, jeunes mineurs ou majeurs, ou même sans droits reconnus par la république (déboutés, …). Ceux la sont particulièrement précaires, vulnérables, sans droit au travail et donc en précarité permanente pour l’accès à l’hébergement, à la nourriture, à la santé …
Pour ces étrangers, ces exilés, le Diaconat a mis en place depuis de nombreuses années un réseau de familles bénévoles (protestantes ou non), « le réseau ESAIE », qui hébergent chez eux à tour de rôle des étrangers à la rue. Parmi eux, de plus en plus de mineurs. Ils sont en situations administratives complexes qui ne leurs donnent aucun droit. Les familles les hébergent à tour de rôle et le Diaconat protestant soutien des démarches administratives, donne de l’aide pour l’alimentation mais aussi pour la scolarisation de ces jeunes.
Un autre exemple de l’engagement du Diaconat vers les exilés est l’action « Irak, Syrie » qui s’est mise en place il y environ 18 mois. A l’appel de la FEP qui recherchait des lieux d’hébergement pour des exilés venant des zones de conflits, l’église protestante de Grenoble a répondu présent en, proposant une solution grâce à un presbytère temporairement inoccupé. Mobilisation de paroissiens, constitution d’un réseau de compétences et de disponibilités … et nous avons accueilli un jeune et une famille qui ont été hébergés, accompagnés pendant plusieurs mois. Ils ont maintenant obtenus un statut de réfugiés et ont commencé leur intégration en France. C’était donc une main tendue, une passerelle pour ces personnes qui « débarquaient » en France sans soutien, sans repères, sans réseau.
Je voudrais finir par dire que bien sûr, le diaconat n’est pas le seul à agir à Grenoble et alentour. Depuis des années d’autres associations ont-elles aussi mis en place des actions pour contribuer à aider les populations en difficulté. Sans les citer toutes, nous sommes très souvent partenaires dans des actions avec le secours catholique, la banque alimentaire, …. Nous soutenons également financièrement l’ADA, la Cimade, l’APARDAP et d’autres. Toutes ont pour but de permettre a des familles, des jeunes, des personnes en situation précaire d’avoir accès à leurs droits fondamentaux, dans la dignité.
Enfin, et tout spécialement autour de la situation des migrants et exilés, je veux dire que plusieurs collectifs de citoyens se sont mis en place pour accompagner et héberger ces personnes. Dans le Vercors, le Grésivaudan, sur le plateau des Petites Roches, dans le Trieves, le Nord Isère … et certainement ailleurs ces groupes de citoyens se regroupent et agissent. Ils mettent en oeuvre cette FRATERNITE qui est dans la devise des français…
C’est pourquoi aujourd’hui, nous sommes tous réunis ici pour dire que l’exilé, l’étranger est toujours un homme ou une femme comme nous. Par nécessité et non par choix, pour se protéger de la répression de la torture parfois de la mort, il a du fuir son pays, sa famille et a besoin de notre solidarité. La France doit faire plus et mieux pour les exilés, et il est de notre devoir de citoyen d’agir, de faire savoir et d’interpeller les politiques.
Notez des aujourd’hui dans vos agendas une date importante a Grenoble. Le 2 Décembre 2016, se tiendront « les états généraux des migrations » qui sont en préparation par plus de 14 associations qui agissent et veulent interpeller sur les migrants et les exilés.
C’est notre pouvoir, celui d’êtres humains solidaires et de citoyens responsables.

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