Culte du 22 mars 2020

Elaboré au départ comme culte d’ouverture à l’Assemblée Générale, le pasteur François Dietz l’a repris pour permettre à chacun-e de recevoir consolation et encouragement dans ce temps d’épreuve. Nous vous invitons à prendre votre cantique “Alleluia” et à cliquer sur les textes en bleu pour avoir la musique.

Musique : the deer’s cry (Arvo Part) – le cri du cerf :

Accueil  – Ouverture

Nous voici, ô notre Père. Tu es présent dans nos vies de lumière. Tu es aussi présent dans nos ténèbres. Et rien ne peut nous séparer de l’amour que tu nous a manifesté en Jésus-Christ. Et tu as dit que tu serais avec nous jusqu’à la fin du monde.

Répons  1      63/23 Gloire soit au père ! Gloire au fils !Gloire au Saint-Esprit !

Paroles

Louange :

Le Psaume proposé à notre écoute en ce jour, nous le connaissons, en tout cas les personnes qui avons entouré des personnes à l’occasion de décès car il est le plus plébiscité quand nous sommes dans l’épreuve. C’est le Psaume 23 dit « psaume du berger », berger qui prend soin de son troupeau en tout temps, même les plus sombres :

PSAUME 23 , 1-6

1 Le SEIGNEUR est mon berger : je ne manque de rien. 2 Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ; il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom. 4 Si je traverse les ravins de la mort, je ne  crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure.5 Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis ; Tu répands le parfum sur ma tête ; ma coupe est débordante.6 Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ; j’habiterai la maison du SEIGNEUR pour la durée de mes jours.

 Ps 36, 1 – 2 – 3 p. 60 Ô Seigneur ta fidélité

Paroles

Confession du péché + Pardon + volonté de Dieu : Il ne faudrait pas faire de cette prière de Jean Calvin qu’elle soit lue trop souvent. Mais elle dit tellement bien que les prières que nous adressons à Dieu trouvent leur réponse avant même que nous les formulions.

Si vous vous croyez faibles, aujourd’hui, rappelez-vous que Dieu vous a toujours donné la force du lendemain. Si vous vous sentez angoissés, aujourd’hui, rappelez-vous que Dieu vous a toujours donné la paix du lendemain. Si vous êtes dans l’épreuve aujourd’hui, rappelez-vous que Dieu vous a toujours gardés dans l’épreuve. Et si la route vous est cachée aujourd’hui, rappelez-vous que Dieu vous a toujours tracé à temps la route du lendemain. Puisqu’il plaît à Dieu de nous conserver dans son amour, employons notre vie tout entière à son service et ne pensons, ne disons, ne faisons rien qui ne soit pour lui plaire et obéir à sa sainte volonté. Que toutes nos actions se rapportent à la gloire de son nom et au salut de nos frères. (J. Calvin)

Répons  2  33/04-1 Tu vins, Jésus, pour partager toute notre existence. Tu sais le poids d’un cœur chargé de doutes et de souffrances…

Paroles

Prière et Lectures bibliques :

Avant de lire les Écritures, nous prions ! Par ta parole, ô Dieu, parle-nous pour que nous puissions entendre ton appel et te répondre dans la foi, l’espérance et l’amour.

Lecture biblique : 1 Sam 16, 1 – 13 ; Jean 9, 1-41 

Répons  3     22/04-1 Oh ! parle-moi, Seigneur, ton serviteur écoute : Je dis ton serviteur, car enfin je le suis. Je le suis, je veux l’être et marcher dans ta route, Et les jours et les nuits.

Paroles

Prédication :

Cette prédication qui s’appuie sur l’un des textes du jour, (1 Sm 16), très propice à la tenue de l’Assemblée Générale où nous devions élire un nouveau Conseil presbytéral, a été légèrement remaniée en fonction de notre actualité où le mot « confinement » revient plus que celui « d’élection ».

L’actualité de notre monde politique, économique, social, se conjugue aisément avec l’actualité de ce que nous vivons en Église. Nous devions élire un nouveau Conseil presbytéral comme nous devions, comme citoyens, voter aujourd’hui pour finir d’élire à Grenoble notre Conseil municipal (à Mens, le premier tour aura suffi). Dans une période où l’avenir est incertain, tant pour le monde que pour notre Église, amenée à vivre de nouveaux projets (lorsque cette pandémie sera derrière nous), voici un texte biblique qui tombe à pic où il est question d’élection. J’ajoute que la détermination civique, impulsée par nos pouvoirs publics qui nous fera échapper au pire est du même ordre d’idée que notre espérance fondée en Dieu et sur le Christ pour avancer, tranquilles et sereins malgré tout ce qui pourrait nous amener à une sorte de fatalisme.

Voilà une belle histoire comme nous les aimons. Elle nous rappelle que Dieu a besoin des humains pour gérer le monde, mais qu’il n’agit pas à leur place. Il leur indique la route à suivre, mais il ne les force pas à suivre les chemins qu’il leur trace. Aujourd’hui, nous entendons que la faveur de Dieu va à un jeune homme, encore un enfant, pour qu’il ait autorité sur Israël en remplacement du roi régnant que Dieu a désavoué. Samuel qui joue tous les rôles, celui de prophète, de stratège, de conseiller politique sert ici d’entremetteur clairvoyant, car il faut être fin connaisseur de Dieu et des hommes pour découvrir que son choix est tombé sur un jeune homme qui en dépit de ses beaux yeux n’a pas grands atouts pour être roi. Il a même été oublié par son père quand Samuel a convoqué toute la famille. Bien évidemment, c’est cet adolescent que les hommes n’ont pas remarqué, qui semble tout indiqué pour avoir les faveurs de Dieu. Mais que les auditeurs attendris par cette belle histoire se souviennent que c’est la deuxième fois que Samuel a été invité à choisir un roi pour Israël. Le premier choix a tourné à la catastrophe. C’est l’histoire de l’élection de Saül qui a tourné au fiasco. Qui de Dieu ou de Samuel a mal apprécié la situation ?

Je n’ignore pas que ces récits sont des récits écrits après coup et on y sent fortement l’influence de courants antimonarchistes derrière les récits concernant Saül. Les auteurs qui soutiennent la dynastie de David ont apporté leur contribution à l’élaboration du portrait d’un roi « magnifique » . Malgré un récit aussi composite, il est, je crois, possible d’y retrouver la trace d’une parole de Dieu et de découvrir comment elle s’y exprime. Dieu fait le choix de deux candidats au trône, la défaveur du premier ne paraît pas justifier le choix du second. Les fautes commises par Saül ne semblent pas aussi graves que les fautes commises plus tard par David et les repentirs exprimés par Saül valent bien ceux exprimés par David. Les auteurs de ce texte sont de parti pris en faveur de David. Comment alors entendre une parole de Dieu dans tout cela? L’ambiguïté des événements ne met pas en cause l’idée selon laquelle Dieu inspire les acteurs de l’histoire. Oui, je crois que Dieu inspire la bonne attitude aux acteurs mais il n’intervient pas, c’est ainsi qu’à la fin de la monarchie, les rois, suivant leurs intuitions personnelles et leurs mauvais conseillers ont entraîné la chute du régime sans que Dieu réagisse. Bien évidemment les écrivains bibliques ont essayé de maintenir dans leurs écrits le portrait d’un Dieu interventionniste qui se manifesterait dans le cours de l’histoire en faveur de la dynastie de David. Dans ce cas, il se serait trompé lors de son premier choix en faveur de Saül ! Il faut comprendre que les narrateurs, favorables à David ont orienté leurs récits dans ce sens. Ce que font tous les chroniqueurs des instances politiques.

Malgré tout, c’est une autre image de Dieu qui transparaît pour quiconque essaye de lire les textes d’une manière critique. L’image d’un Dieu qui reste fidèle à lui-même et qui inspire les hommes de pouvoir, mais qui n’intervient pas pour modifier le cours de l’histoire quand les hommes l’ont mal enclenchée. Cela nous dit un peu de cette non-intervention directe de Dieu pour régler les cataclysmes qui s’abattent sur notre terre. Que cela nous plaise ou nous déplaise, cela semble être une constante dans les Écritures. Que cela nous plaise ou non, Dieu n’intervient pas avant un risque épidémiologique. Mais peut-être inspire-t-il le cœur d’hommes et de femmes capables de dire, comme nous l’avons entendu dans l’un des discours de M. Macron que nous nous étions égarés, éblouis par l’idole du « tout économique ». Dans l’aventure biblique de ce jour, Dieu ne corrige pas l’histoire en appelant David en remplacement de Saül disgracié. Ce sont les hommes favorables à David qui en insistant sur les échecs de Saül, issu de la tribu de Benjamin, ont conclu à sa disgrâce pour favoriser la dynastie de David issue de celle de Juda. Si Dieu choisit un autre roi, c’est que la première dynastie s’étant effondrée, il fallait bien en susciter une autre. Dieu se présente ainsi comme celui qui inspire l’histoire. En n’intervenant pas, il se résigne à ce que les hommes ne respectent pas l’évolution qu’il espère pour eux.

Dieu n’est pas absent dans notre quotidien. Mais ce n’est pas lui qui fabriquera le nouveau vaccin. Peut-être que la collaboration entre Lui et nous est plus simple aujourd’hui à comprendre. Il insuffle aux hommes le sens de la Justice, du souci du prochain et particulièrement du faible. Il nous laisse trouver les moyens de mettre cela en pratique. Et peut-être nous permettre, dans ce temps de carême si particulier et mondial, de nous aider à repenser nos relations dans tous les domaines.   Amen !

Musique : suite n° 1 pour violoncelle de J.S. Bach :

Confession de foi :
Je crois en Dieu, celui que nous ne pouvons ni comprendre ni atteindre. Celui qui nous dépasse infiniment, nous environne de sa tendresse, nous soutient dans nos défaillances et nous anime de son ardeur. Je crois en Dieu, celui que nous rencontrons dans la recherche du sens de notre vie, cette recherche qui traverse l’histoire des humains et dont témoignent les Écritures. Nous le rencontrons surtout en Jésus le Christ, celui qui s’est abaissé, donné, approché pour nous parler, nous accompagner et nous transformer. je crois en Dieu, donc l’amour pour nous en Jésus-Christ se manifeste par le don de l’Esprit. Esprit de Paix, soif de justice, goût du service, compassion pour le prochain, qui suscite la confiance, l’amour et l’espérance, qui nous permet de voir plus loin que le monde. Amen

Cantique 47/04 Confie à Dieu ta route, 1 et 4 p.732 :

Paroles

Offrande : une façon de nous rappeler que si Dieu nous offre son amour, si nous pensons que notre Église essaie d’en vivre, elle a besoin de notre engagement

Annonces :

Si vous avez accès à ce culte, c’est que vous savez l’essentiel. Plus aucune activité qui nécessite une rencontre physique n’est possible, tant que les mesures de confinement ne seront pas levées.

En plus du culte hebdomadaire, vous trouverez chaque jour une méditation, parfois une image, parfois une prière pour accompagner celles et ceux qui lisent la Bible chaque jour (ou qui pendant cette période voudraient « s’y mettre »). La seule chose que vous (nous) pouvez (pouvons) faire en plus, c’est d’inviter des proches et des moins proches à venir sur le site.

Prière d’intercession et Notre Père

Je vous invite à une prière silencieuse où nous pouvons confier nos proches et nous confier les uns les autres à Dieu.  Puis conclusion avec

Seigneur notre Dieu, dans une prière d’intercession nous te confions les personnes qui nous sont chères, les gouvernants qui ont en charge le bien vivre de notre cité, de notre région, de notre pays. Nous le faisons encore aujourd’hui dans cette situation de pandémie.

Seigneur notre Dieu, dans une prière d’intercession nous te confions les personnes les plus vulnérables, que nous côtoyons dans nos lieux d’engagement ou qui sont isolées dans les EHPAD ou confinées chez elles et qui ne peuvent plus recevoir de visites. Veille sur elles. Toutes ces demandes, nous les rassemblons à travers la prière de Jésus :

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Car c’est à toi qu’appartiennent : le règne la puissance et la gloire,pour les siècles des siècles. Amen.

Bénédiction :  Que Dieu nous permette de mieux nous comprendre et de mieux nous entraider, afin que d’un même cœur et d’une même voix nous puissions le glorifier. Qu’il nous fasse comprendre que le je de ma relation à lui se conjugue avec le nous de notre Église et de notre monde.

Que son amour nous conduise, nous soutienne, nous accompagne et nous bénisse dans ce moment de carême et d’épreuve. Amen !

Répons  6  62/74 Affermis-nous par ton Esprit Dans ta Parole,  Ô Jésus-Christ ! Reste avec nous dans nos combats Et, loin du mal, conduis nos pas ! Amen.

Paroles

Musique finale : Ô Jésus que ma joie demeure

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